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27.07.2018

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SHOU-SUGI-BAN

 © Hufft | Vimeo

 

Un savoir-faire ancestral

 

Le shou-sugi-ban, également connu sous le nom de yakisugi, est une technique japonaise ancestrale qui consiste à brûler la couche superficielle du bois afin de lui apporter une protection durable et écologique, jusqu'à 80 ans selon les spécialistes.

 

Outre son aspect esthétique, ce procédé comporte une multitude d'avantages: il protège des UV, des intempéries (puisque le bois est stabilisé), protège des insectes, prévient la moisissure et augmente, ironiquement, sa résistance au feu. 

 

Ce sont, traditionnellement, les bardages en cèdre (sugi) qui bénéficient de cette technique, mais tous les pinacées s'y prêtent pour un usage extérieur: mélèze, pin Douglas...

Terunobu House | Source inconnue

 

 

Des interprétations contemporaines

 

© Content Architecture 

 

Degré de carbonisation, type de finition, nombreuses sont les applications du shou-sugi-ban. Il était donc naturel que les architectes du monde entier s'emparent de ce procédé.

 

Ci-contre, la villa SG21 du studio Fillie Verhoeven Architects pour un client privé à Rotterdam.

 

 

© François Verhoeven

 © Adrien Williams | Architecte : Alain Carle - 'La héronnière' - Canada

 

Usages intérieurs

 

 © Sweet Bazaar                                      © Nicole Hollis | Studio Joliet - San Francisco 

 

Les déclinaisons du yakisugi sont également nombreuses dans les intérieurs, où l'on peut se permettre plus de liberté dans le choix des essences de bois, avec une très intéressante utilisation du chêne, notamment, dont les nervures ressortent à merveille une fois rehaussées par la carbonisation.

 

Dans les finitions aussi les variantes sont plus nombreuses. Le polissage apportera un toucher plus doux, un grattage du charbon moins minutieux, quant à lui, permettra un fini plus brut, proche d'un cuir de crocodile. 

 

Textures en relief, variété des teintes, cette technique aura pour effet d'anoblir variété d'éléments architecturaux ou décoratifs, en particuliers les bardages bois qui peuvent vite tendre vers le "chalet de montagne". 

 

 

 

 

 

 

© AOK | Designer : Rashed Alfoudari - Koweit  

© Kyle Schuneman 

 

Design novateur, classiques revisités et temporalité

 

© Kieran Kinsella - 'Kettle'                                            Source inconnue

 

Le mobilier non plus n'a pas échappé à cette tendance. Huilée, vernie, enduite d'une résine pour un usage courant sur une table à manger par exemple, les finitions sont nombreuses et permettent, de nos jours, une adaptabilité incroyable que l'on continue d'ailleurs d'explorer. 

 

Mais la dimension esthétique n'est pas le seul aspect du shou-sugi-ban contemporain.

 

On pense notamment au travail très controversé du designer Maarten Baas qui, pour son projet de fin d'études à la Design Academy d’Eindhoven en 2002, avait proposé la série "Smoke": une série de mobilier classique et ancien (plutôt onéreux, il faut le dire) qu'il avait intégralement carbonisé, selon la technique du yakisugi.

 

La raison à cela ? Une réflexion et une recherche sur le temps qui passe, la métamorphose, la perception de la beauté, les cycles de la vie...

 

"Dans la nature, tout est en mouvement, ce qui crée une certaine beauté. Pourtant, il est une tendance très humaine de garder les choses comme elles sont censées être et de les garder belles, comme elles étaient à l’origine. Smoke joue avec les deux perceptions de la beauté. » – Maarten Baas

 

 

 

 

 

 

 

 

© Snickeriet - 'Havet Cabinet'

 

 © Maarten Baas - Série 'Smoke'

 

Clin d'œil 

 

 

Enfin, je ne pouvais pas parler du shou-sugi-ban sans évoquer le clin d'œil de Kengo Kuma, designer japonais reconnu internationalement, à sa culture d'origine. 

 

Pour Lasvit, il a conçu en 2017 la série 'Yakisugi' : des suspensions en verre craquelé, dont l'empreinte a été donnée à chaud par du bois traité selon le shou-sugi-ban

 

Une manière pour lui de "questionner la matérialité du verre et la texture du bois naturel. (Une) intention de sonder la profondeur d'âme du bois, capturée à l'intérieur du verre".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Lasvit | Designer : Kengo Kuma - Série 'Yakisugi'

 

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